L'orthophoniste, une aide précieuse pour les parkinsoniens

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Avant la stimulation sous thalamique, ou après, effet secondaire ou non de cette opération, 89% des parkinsoniens connaissent des difficultés de parole ou de déglutition.

Ces difficultés sont plus ou moins sévères, on observe des tremblements, une monotonie de la parole, une faiblesse du ton, une absence de mimique, des troubles de l'écriture (micro-graphisme) bref plusieurs anomalies qui rendent ce que dit ou écrit le parkinsonien de moins en moins intelligible.

Sa qualité de vie s’en ressent, et faute d’être compris par son entourage proche ou éloigné, le parkinsonien en arrive à se sentir et à être de plus en plus seul et isolé des autres.

Existe-t-il une solution à cela ?

OUI ! et même deux solutions. Il existe en effet

1.      l'orthophoniste, praticien paramédical qui peut vous aider notamment pour la parole et
     l'écriture

2.      une méthode, la LSVT qui a été spécialement crée pour les parkinsoniens présentant des
     troubles de la parole

I. L'ORTHOPHONISTE

Ce professionnel  est appelé orthophoniste en France ou au Canada (ortho : correcte, phonè : voix)  logopède en Belgique ou logopédiste en Suisse (logos : parole, pédie : éducation),

Pour leur part, les pays anglo-saxons utilisent le terme de "speech and language therapist", ou encore "speech and language pathologist" souvent abrégés en SLT et SLP.

Dans tous les cas l' orthophoniste est un thérapeute des troubles de la communication liés à la voix, à la parole et au langage oral et écrit, c'est à dire d'un domaine très vaste, et ses compétences peuvent être aussi sollicitées en matière de déglutition et de motricité bucco-faciale.

Auxiliaire agissant sur prescription médicale, l’orthophoniste est un rééducateur spécialisé dans un domaine non seulement vaste, mais complexe qui nécessite une formation en des disciplines scientifiques diverses : acoustique, anatomie et physiologie, linguistique et phonétique, neurologie, psychiatrie, pédagogie, psychologie, etc...

L'intervention de ce professionnel s'articule toujours en deux temps : premièrement, une phase d'évaluation (bilan prescrit par un médecin, dans lequel est établi le diagnostic et sont appréciées les possibilités d'acquisition et d'évolution), puis, deuxièmement, une phase de rééducation (traitement proprement dit avec emploi de techniques pour aider une personne handicapée à se corriger partiellement ou totalement).

L'orthophonie s'appuie sur des stratégies rééducatives (qui visent à contrôler et/ou stimuler la fonction déficiente), mais aussi sur des stratégies palliatives quand une récupération rapide n'est pas envisageable (ex : cahiers de communication, moyens informatiques dans les paralysies sévères).

Ce travail s'envisage dans la durée (mois, voire années) et ne sera rendu possible que par une relation de qualité et une motivation suffisante du patient et/ou de l'entourage familial.

Dans l’intérêt du patient, l’orthophoniste peut associer à son travail les parents proches, ou d’autres intervenants.

Selon la nature des manifestations présentes chez le patient, il préférera une prise en charge en séances individuelles ou en groupe.

L’orthophonie est une technique para médicale, non un soutien scolaire et l’orthophoniste intervient certes auprès de nourrissons, d’enfants, et d’adolescents, mais aussi d’adultes, et de personnes âgées.

Les troubles concernés apparaissent en effet à tous âges.

Ils sont causés par des facteurs d'ordre organique (atteintes ou dysfonctions sensorielles, motrices, neurologiques), ou d'ordre psycho - social (difficultés de développement plus ou moins marquées, carences socio - culturelles).

Les orthophonistes exercent dans différents types d'institutions : établissements hospitaliers publics ou privés, services de puériculture, de pédiatrie, de psychiatrie, de neurologie, de gériatrie.

Ils travaillent également dans les centres de rééducation et de réadaptation pour adultes et pour enfants, en hôpitaux de jour, en centres d'aide par le travail, en centres médico - psychologiques, ou encore en centres médico - psycho - pédagogiques.

Les orthophonistes peuvent exercer leur profession dans différents cadres:

  • à titre libéral: ils travaillent en cabinet privé, seuls ou en groupe mono- ou pluridisciplinaire. Leurs conditions d'exercice sont définies par la convention nationale
  • à titre salarié, ils peuvent travailler soit :
    • dans le secteur public: services hospitaliers ou dans les équipes de secteur psychiatrique
    • dans le secteur privé: centres spécialisés (CMPP, instituts d'éducation sensorielle, institutions pour enfants sourds ou enfant handicapés moteur etc...).

Au 1er janvier 2004 , on comptait 15 357 orthophonistes en France métropolitaine et 350 professionnels dans les DOM.

12 202 travaillaient en libéral, 3155 en salariés (1126 salariés hospitaliers, 2029 autres salariés).

95,7 % étaient des femmes.

En exercice libéral, les orthophonistes travaillent généralement en collaboration avec les médecins généraliste, les pédiatres, les psychiatres, les orthophonistes, les psychologues et les enseignants de leur secteur

En fonction de leur législation nationale et de leur type d'exercice (libéral ou salarié) , les orthophonistes peuvent intervenir dans les pathologies suivantes :

-          les troubles du langage oral chez l'enfant (troubles articulatoires, retards de langage
      et de parole, souvent plus ou moins associés), ainsi que la dysphasie atteinte plus
      rare, sévère du langage,

-          les troubles du langage écrit, tels que la dyslexie, la dysorthographie et la
       dysgraphie,

-          les troubles du raisonnement logico - mathématique,

-          les troubles secondaires à une déficience sensorielle (démutisation des enfants
      sourds, éducation à la lecture labiale, optimisation des aides que sont les prothèses
      auditives ou implants cochléaires),

-          les troubles secondaires aux maladies génétiques, causant des atteintes mentales et
       neuro - motrices (ex : trisomie 21, Syndrome de l'X fragile),

-          les troubles secondaires aux atteintes neurologiques en période anté et péri - natale
       (ex : infirmité motrice cérébrale ou IMC),

-          les troubles secondaires aux troubles graves de la personnalité (ex : autisme),

-          les troubles secondaires aux malformations congénitales de la face (ex : fente vélo -
       labio - palatine),

-          l'aphasie, la dysphagie et la dysarthrie, causées par diverses maladies neurologiques,
       avec défaillance du système nerveux périphérique et/ou central (
SNC),

-          le bégaiement, trouble de la fluence,

-          la dysphonie et la dysodie, causées par l'atteinte organique ou fonctionnelle du
       larynx
,

-          l'éducation à la  voix oesophagienne  ou trachéo - oesophagienne dans les séquelles
       de  chirurgie laryngée,

-          les troubles dans le cadre d'un traitement interceptif d'orthodontie ( respiration-
       déglutition-phonation),

-          les troubles causés par les séquelles traumatiques ou chirurgicales dans la région
       bucco-faciale,

-          les troubles causés par une dégénérescence des structures cérébrales (maladie
       d'Alzheimer, maladie de Parkinson, Sclérose en plaques, Sclérose latérale
       amyotrophique
).

La variété des pathologies comme la vitesse d'évolution des connaissances rendent indispensable la formation continue des orthophonistes - logopèdes.

Ces difficultés entraînent aussi des formes de spécialisation, notamment en ce qui concerne la prise en charge des handicaps les plus sévères.

II. LA LSVT

C'est ainsi que les parkinsoniens peuvent bénéficier d’une méthode conçue spécialement pour eux et avec eux : la LSVT (Lee Silverman Voice Treatment).

Tout à commencé lorsque la famille de Mme Lee Silverman, une femme diagnostiquée en 1986 comme ayant la maladie de Parkinson, a exprimé le souhait de mieux communiquer avec elle : « Si seulement nous pouvions entendre et comprendre ce qu’elle dit… » se lamentaient ils.

Ainsi, c’est à la demande de la famille de Mme Silverman, que la Dr Lorraine Ramig , chercheuse, et Carolyn Bonitati, orthophoniste, ont développé une thérapie de la voix qui aide les parkinsoniens à retrouver leur capacité à parler.

Il est apparu que si les médicaments ou la chirurgie peuvent améliorer de façon drastique d’autres symptômes de la maladie de Parkinson, ils ne sont d’aucune aide en matière de troubles de la parole.

Seule une thérapie spécifiquement de la parole permet d’améliorer les problèmes de parole.

La LSVT est un stage thérapeutique intense qui dure une heure par jour pendant 4 semaines et qui apprend aux parkinsoniens à développer la force nécessaire pour parler normalement à voix haute.

Cette méthode enseigne l’aptitude personnelle à améliorer sa capacité à communiquer et partant à améliorer sa qualité de vie.

La forte base de recherche théorique et clinique derrière elle a démontré des résultats substantiels

-         amélioration de la force vocale

-         amélioration de l’intelligibilité

-         plus grande expression faciale

-         amélioration de la capacité à saliver

-         meilleur fonctionnement neuronal

Des données expérimentales de plus de 15 ans ont ainsi permis de documenter le fait que la thérapie de la parole pour parkinsoniens qu’est la LSVT, était efficace.

Et c’est en l’honneur de Mme Silverman et du succès de la thérapie, que cette approche a été appelée la méthode LSVT (Lee Silverman Voice Treatment)

Le résultat du traitement dure jusqu’à 2 ans, ce qui fait de la LSVT une méthode clé dans le traitement des troubles de la parole des parkinsoniens.

Pour obtenir des résultats optimums il est important que la méthode LSVT soit enseignée par un orthophoniste certifié dans cette méthode.

Vous souhaitez connaître l’adresse d’un orthophoniste certifié LSVT ?

Rendez vous sur le site de la fondation LSVT : http://www.lsvt.org